{"id":380,"date":"2016-09-02T09:03:35","date_gmt":"2016-09-02T08:03:35","guid":{"rendered":"http:\/\/casarlie.com\/?page_id=380"},"modified":"2016-09-06T07:36:18","modified_gmt":"2016-09-06T06:36:18","slug":"le-pradet","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/casarlie.com\/?page_id=380","title":{"rendered":"Le PRADET"},"content":{"rendered":"<p>Le Pradet<\/p>\n<p>C&rsquo;est une ferme modeste, sans aucun doute<\/p>\n<p>Blottie dans les vallons, \u00e9loign\u00e9e des grandes routes<\/p>\n<p>J&rsquo;y fis mes premiers pas, ensuite chaque ann\u00e9e<\/p>\n<p>Je venais y passer deux ou trois mois l&rsquo;\u00e9t\u00e9,<\/p>\n<p>O souvenirs joyeux ! Pour moi rien ne pouvait<\/p>\n<p>Surpassait le Pradet. Tout y \u00e9tait parfait,<\/p>\n<p>Beaux, merveilleux et le sable de ses rigoles<\/p>\n<p>Avait plus de valeur que celui du Pactole.<\/p>\n<p>Comme je m&rsquo;y plaisais ! Tout m&rsquo;y \u00e9tait permis<\/p>\n<p>Car si on disait \u00ab\u00a0non\u00a0\u00bb \u00e0 quelque fantaisie<\/p>\n<p>Je pleurnichais un peu sachant bien, par mes larmes,<\/p>\n<p>Arriver \u00e0 toucher toujours quelque bonne \u00e2me.<\/p>\n<p>Au milieu de l&rsquo;enclos, le puits \u00e9tait le lieu<\/p>\n<p>R\u00eav\u00e9, pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 tout autre, pour mes jeux.<\/p>\n<p>Point de joujoux co\u00fbteux ne m\u2019\u00e9taient n\u00e9cessaires,<\/p>\n<p>Des couvercles de bo\u00eetes faisaient bien l&rsquo;affaire,<\/p>\n<p>Pour l\u00e9gumes ? du serpolet, des chanterelles<\/p>\n<p>Qu&rsquo;accompagnaient fort bien des r\u00f4ts de sauterelles.<\/p>\n<p>Le jardin lui aussi avait bien des attraits<\/p>\n<p>Avec ses pierres moussues l\u00e0, sous les ch\u00e2taigniers<\/p>\n<p>Je savais y trouver des fraises parfum\u00e9es<\/p>\n<p>Des cassis oubli\u00e9s \u00e0 demi dess\u00e9ch\u00e9s;<\/p>\n<p>Des groseilles aussi et de l&rsquo;exquise oseille<\/p>\n<p>Rem\u00e8de souverain pour les piq\u00fbres d&rsquo;abeille.<\/p>\n<p>Quatre heures me r\u00e9servaient bien des g\u00e2teries :<\/p>\n<p>Fruits confits, caill\u00e9, miel ou autres sucreries<\/p>\n<p>Et le soir : soupe \u00e0 la cr\u00e8me, fromage blanc<\/p>\n<p>Saucisson, en un mot tout ce que j&rsquo;aimais tant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je travaillais parfois quand j&rsquo;y trouvais du charme<\/p>\n<p>J&rsquo;arrosais les semis ou j&rsquo;approchais les rames<\/p>\n<p>Je cueillais des goulus mais le summum de la joie,<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait de ramasser puis d&rsquo;\u00e9caler les noix,<\/p>\n<p>D&rsquo;exhiber mes mains j&rsquo;\u00e9tais alors tr\u00e8s fi\u00e8re<\/p>\n<p>Sachant qu&rsquo;\u00e0 leur couleur on jugeait l&rsquo;ouvri\u00e8re.<\/p>\n<p>Mais un jour il fallait bien songer au d\u00e9part<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait terrible. A l&rsquo;\u00e9table, au hangar<\/p>\n<p>A la cour, au grenier, j&rsquo;allais faire mes adieux<\/p>\n<p>Et une fois encore revoir les moindres lieux.<\/p>\n<p>Dans ma valise je cachais des tr\u00e9sors :<\/p>\n<p>Un peu de sable fin, des feuilles rouge et or,<\/p>\n<p>Et des foug\u00e8res plus belles que des dentelles !<\/p>\n<p>Puis c&rsquo;\u00e9taient les larmes, d\u00e9chirements, appels<\/p>\n<p>Et le dernier dieu&#8230; les mouchoirs s&rsquo;agitaient.<\/p>\n<p>Et quand \u00e0 l&rsquo;horizon le toit disparaissait<\/p>\n<p>Je sentais en mon coeur une vraie d\u00e9chirure&#8230;<\/p>\n<p>Ce pass\u00e9 est fort loin, dans ma m\u00e9moire obscure,<\/p>\n<p>En d\u00e9pit des ann\u00e9es s&rsquo;il reste si vivace,<\/p>\n<p>Si le Pradet en moi tient encore tant de place,<\/p>\n<p>C&rsquo;est que j&rsquo;\u00e9tais l&rsquo;\u00e9cho des sentiments profonds<\/p>\n<p>Qu&rsquo;avaient pour moi des gens affectueux et bons.<\/p>\n<p>Je garde leur m\u00e9moire \u00e9tant heureuse ici<\/p>\n<p>De les honorer tous en leur disant merci.<\/p>\n<p>F\u00e9vrier 1968<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Pradet C&rsquo;est une ferme modeste, sans aucun doute Blottie dans les vallons, \u00e9loign\u00e9e des grandes routes J&rsquo;y fis mes premiers pas, ensuite chaque ann\u00e9e Je venais y passer deux ou trois mois l&rsquo;\u00e9t\u00e9, O souvenirs joyeux ! 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